Surmonter sa peur de parler en public par la sophrologie

 

Qui ne s'est jamais senti mal à l'aise voire paralysé au moment de devoir prendre la parole en public ? 

 

La peur de prendre la parole en public (Glossophobie ou peur de la langue) est une peur très commune qui revêt des manifestations caractéristiques :

 

- Anticipation anxieuse à l'idée de prendre la parole

- Tremblements

- Sudation

- Souffle court

- Tachycardie

- Anxiété, nervosité

- Gorge sèche

- Rougissement

- Estomac noué pouvant aller jusqu'au vomissement

- Sensation d'engourdissement, de vide, sensation de jambes en coton...

- Sensation qu'un malaise est proche ou de perdre le contrôle....

 

Selon une statistique publiée en avril 2016 par le National Health Institute,74 % d'entre nous souffrent de glossophobie, une peur qui peut être un réel handicap voire même une souffrance.

 

 

 

Pourquoi cet exercice nous paraît si difficile ?

 

 

 

Une culture valorisant l'écrit

 

La prise de parole orale dans l'enseignement est de nos jours assez peu encouragée. Peu sont les matières où l'oral est prédominant et fréquemment, beaucoup d'élèves se trouvent confrontés à devoir prendre pour la première fois la parole au lycée lors des épreuves du baccalauréat.

 

 

Un exercice généralement perçu négativement 

 

      Nous associons souvent la prise de parole à quelque chose de négatif et parce que nous avons pu y être confronté par le passé par obligation, nous la percevons souvent comme une contrainte. 

Généralement associée à des sensations désagréables de trac, parfois ayant été associée à un souvenir désagréable ou traumatisant (avoir été moqué, s'être senti humilié par le passé), parce que prendre la parole nous ramène au fait de nous penser nous-même, nous par rapport aux autres, et de prendre aussi en considération le monde extérieur, cela en fait un exercice difficile et parfois... un peu douloureux.

 

      Prendre la parole en public est une peur sociale normale. Pour le psychologue Christophe André, la prise de parole fait partie "des situations de performances". Beaucoup de craintes y sont souvent projetées : la crainte d'être évalué, d'être mal jugé, de ne pas être à la hauteur, de ne pas se sentir légitime, peur de paraître ridicule, d'être moqué, peur de montrer une image qui ne correspond pas à ce que l'on est ou à celle que nous aimerions montrer... ; des appréhensions souvent renforcées par l'enjeu et à la pression que nous y mettons.

 

 

Nous vivons dans une société bruyante

 

       Nous sommes dans notre société actuelle sans cesse confrontés à des images d'individus se mettant en spectacle. Le message que l'on souhaite faire passer est presque passé au second plan face aux priorités nouvelles : "qui parlera le plus fort", "qui me verra le plus" ou "qui fera le plus "le buzz""...

       Notre esprit est pollué par ces médias sans même que nous nous en rendions compte et peuvent parfois nous amener à penser que si nous préférons la discrétion au devant de la scène, si nous gardons pour nous-même nos pensées, idées, émotions, sentiments plutôt que de les partager, nous aurions un problème...

 

 

Lâcher ses croyances et pensées limitantes pour passer à l'action 

 

Nous avons également des pensées, souvent inconscientes et des idées préconçues sur l'exercice :

En effet, lorsque nous devons prendre la parole en public nous nous donnons consciemment et inconsciemment des objectifs que nous voudrions se voir réaliser.

Cependant, souvent, ces objectifs sont inatteignables, fantasmés et nous empêchent parfois de lâcher prise sur notre discours.

 

L'exercice de la prise de parole est également le foyer d'idées préconçues : parler en public sans stress ne relève pas de l'improvisation, ce que nous avons à tord, tendance à penser.

   

 

S'affirmer en public, ce n'est pas inné, cela s'apprend

 

      Prendre la parole, quelque soit le nombre de personnes face auxquelles nous allons nous présenter est un travail comme un autre. Comme un sportif avant une compétition, nous devons nous préparer mentalement et physiquement à la prise de parole.

 

      Il est essentiel de garder en mémoire que le stress est une émotion normale dans cette situation. C'est bien lui qui nous permet de canaliser notre énergie pour mobiliser toutes nos ressources.

      La principale différence entre une prise de parole réussie ne réside donc pas dans la survenue de la peur ou non mais dans la manière de la percevoir et de l'utiliser. 

Certaines personnes ont appris à canaliser leur peur, d'autres l'utilisent pour leur donner de la force.

 

 

 

La sophrologie pour apprendre à garder son calme, se préparer physiquement et mentalement à l'élocution

 

 

      La sophrologie permet d'apprendre à se calmer pour prendre du recul face à la situation redoutée et ainsi de pouvoir travailler sa prise de parole l'esprit clair. A travers l'acquisition progressive de techniques courtes, facilement reproductibles de manière autonome, elle permet de se projeter plus sereinement dans cette exercice.

 

      La sophrologie propose trois axes de travail :

 

 

Apprendre à maîtriser sa respiration et ses émotions

 

      Le ventre est le centre de nos émotions. Lorsque nous sommes stressés, le diaphragme, muscle situé entre le thorax et le ventre se bloque. La respiration thoracique se met en place, nous "nous sentons stressés", la pensée se brouille, nous pouvons être "à court de souffle". 

 

      Pour mieux gérer ses émotions et afin de pouvoir retrouver son calme dès que le besoin s'en fait sentir, il s'agira à travers des exercices de souffle d'augmenter sa capacité respiratoire et d'amener la respiration abdominale à se faire plus ample.

 

En retrouvant le contrôle de sa respiration, la situation est relativisée.

 

 

Entraîner son corps à se relâcher :

 

      Pour préparer sereinement sa prise de parole, il est nécessaire que son corps soit détendu. En effet, sous l'effet de l'adrénaline, le corps peut se crisper et induire à notre cerveau le message que nous sommes déstabilisés, ce qui a pour effet d'augmenter  la perception de notre stress et nous faire perdre davantage nos moyens.

      Les mouvements physiques de la sophrologie (mouvements de relâchement associés à des exercices de tension) permettront de conditionner le corps à la détente et ainsi, de lui permettre de s'exprimer plus librement. 

 

 

S'exercer à se mettre en scène : 

 

    Prendre la parole, c'est oser jouer avec son corps et sa voix, accepter ses émotions et reconnaître ses atouts et faiblesses. C'est donc sortir de sa zone de confort...

      C'est aussi jouer de ses capacités psychosociales pour tenter de captiver, entraîner son public avec soi et lui imposer son point de vue, ses idées.

      Par le renforcement de la conscience de sa présence corporelle, une meilleure connexion à ses ancrages, un travail de sa posture et de sa voix et l'acquisition de techniques applicables aux situations d'imprévus, la confiance en soi se réinstalle et la prise de parole retrouve son caractère ludique.

 

 

 

Prendre la parole c'est l'occasion d'une rencontre, un face à face entre soi-même et le public, une aventure dans laquelle on ne s'aventure jamais sans appréhension. Cette situation, naturellement source de trac est aussi une belle opportunité de tisser un lien, une ouverture pour établir un échange et apprendre.